Posté le Jeudi 15 juillet 2010 @ 09:00:44 par redac-chef Contribution de : redac-chef
une réflexion sur « l’ordre presbytéral »
Jean-Marie, prêtre depuis 50 ans, se dit "un peu agressé" par l'image omniprésente de son saint patron durant l'année sacerdotale qui vient de s'achever. Et il a ce cri : "ce qu’on désigne comme « l’ordre
presbytéral »,
je le considère comme un service de Jésus dans le désordre établi !
L’appel des Exclus, des Mal-Aimés qui foisonnent dans notre société, les
Sans
Titre de Séjour qui attendent et qui n’ont rien que leur dignité
refusée, les
musulmans blessés par les préjugés et soupçonnés de terrorisme, les
engagés qui
luttent contre la criminalisation des Sans Emploi, ce sont des cris ! Je
réponds à leur appel et dis aujourd’hui à Jésus dans une foi humble, que
je
l’aime"
Heureux ceux qui, prêtres et laïcs, suivent ainsi la voie de Jésus ! Heureux anniversaire à Jean-Marie et à tous nos "anciens" !
Thérèse Huvelin
…La revue Église de
Tournai nous présente, depuis juillet- août 2009 et encore ce mois de mars
2010, l’image de saint Jean-Marie Vianney, le curé d’Ars. Mon patron que j’ai
vénéré et qui a marqué mon enfance et ma jeunesse. Même dans la préparation à
mon ordination en 1960 ! Je suis allé à Ars et j’ai célébré l’Eucharistie
à son autel…
Maintenant je suis un peu agressé par l’insistance de son
image « sur toutes les coutures » sur la couverture d’Église de Tournai. En 1929, le pape Pie
XI le proposait comme modèle des curés du monde entier ! Célébrant une
« année sacerdotale », le pape et notre évêque le proposent encore
comme le modèle du prêtre !
Jean-Marie Vianney est un saint homme évidemment. Mais
aujourd’hui en 2010, et depuis une vingtaine d’années, nous sommes confrontés à
la mondialisation, à la post-modernité et à la diversité religieuse. L’Église
connaît une crise aigüe des ministères en Occident et dans d’autres régions du
monde. Ne faut-il pas que d’autres ministères puissent s’inventer ? Que
des pères et mères de famille pourraient recevoir un ministère ? … nous en
connaissons qui acquièrent des compétences théologiques et qui peuvent conduire
à des propositions alternatives avec la société et sa culture mais aussi avec
les responsables de l’Église !
Tout vient de Rome maintenant. Il est troublant de constater
à quel point les décisions romaines peuvent influencer l’avenir de l’Église. Et
c’est le blocage aujourd’hui. L’Esprit-Saint ne déserte pas l’Église mais y
a-t-il place pour l’Espérance, si les responsables se refusent à l’entendre et
restent crispés sur des certitudes ancrées dans un passé et qu’ils ont
expérimentées comme fécondes à certaines périodes de l’Histoire ? Si nous
avons le courage de bien voir la réalité, d’écouter les gens, d’avoir de
l’audace, sans craindre d’innover, alors nous pourrons opérer les discernements
et prendre les virages nécessaires que nous indique l’Esprit. Non ?
… Ce n’est pas « dans un signe éclatant » que le Christ fait le
don de sa vie pour la libération de tous et de toutes, mais sur la croix. Il a
crié. Et sa résurrection s’est faite sans bruit.
… L’Esprit critique n’empêche pas la communion. Il y a
urgence que l’Église se dépouille. Ainsi Jésus, apparaîtra, plus que jamais,
comme un être unique qui nous montre l’humanité transfigurée à laquelle tant de
femmes et d’hommes aspirent confusément !
Extraits d’une lettre de Jean-Marie Boudart, le 22. 03.
2010-07-09
Paru dans la Lettre des Fraternités séculières et
sacerdotales de Belgique-Sud, juin 2010 (Famille spirituelle Charles de Foucauld)